Eksamen: PSP5800 | Semester: Høst 2025 | Varighet: 5 timer
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Madame, Monsieur le rédacteur en chef,
L'article publié dans votre édition du 15 octobre sur l'inaction climatique du gouvernement mérite une réponse. L'auteur se contente de déplorer la situation sans proposer de solutions concrètes.
Or, il ne suffit plus de constater l'urgence ; il faut agir. La transition écologique ne se fera pas sans des investissements massifs dans les transports en commun, la rénovation thermique des bâtiments et les énergies renouvelables. Ces mesures, loin d'être un coût, représentent une opportunité économique considérable.
Cependant, cette transition doit être socialement juste. On ne peut demander aux plus modestes de porter seuls le poids d'un changement dont les plus riches sont les principaux responsables.
Cordialement,
Erik Johansen
La question de l'identité nationale française est devenue, au fil des dernières décennies, l'un des sujets les plus clivants du débat public. Entre ceux qui défendent une conception ouverte et plurielle de la nation et ceux qui prônent un retour aux « valeurs traditionnelles », le fossé semble se creuser.
Comme le souligne le texte 1, la France est historiquement un pays d'immigration. Des Italiens aux Portugais, des Maghrébins aux Subsahariens, chaque vague migratoire a contribué à façonner ce que nous appelons aujourd'hui la culture française. Nier cet héritage revient à falsifier l'histoire.
Toutefois, le texte 2 rappelle à juste titre que l'intégration ne se décrète pas. Elle suppose des politiques publiques ambitieuses en matière d'éducation, de logement et d'emploi – des domaines où la France accuse un retard préoccupant.
Force est de constater que le véritable enjeu n'est pas de savoir « qui est français », mais de construire une société où chacun, quelle que soit son origine, dispose des moyens réels de participer à la vie commune.
« Plus on est connecté, plus on est seul. » Cette formule paradoxale résume l'un des grands malaises de notre époque. À l'heure où les réseaux sociaux comptent des milliards d'utilisateurs, la solitude est devenue un problème de santé publique dans la plupart des pays occidentaux.
Le philosophe Byung-Chul Han, dans son essai « Dans la nuée », décrit une société où la communication permanente a remplacé le dialogue véritable. Nous échangeons des messages, des images, des réactions – mais partageons-nous encore des expériences ? La différence est fondamentale : communiquer, c'est transmettre de l'information ; partager, c'est s'engager dans une relation qui nous transforme.
Dans le contexte francophone, cette réflexion trouve un écho particulier. La France, pays de la conversation et des cafés philosophiques, voit ses espaces de sociabilité traditionnels se vider au profit d'échanges numériques souvent superficiels. Le sociologue Jean Viard observe que les Français passent désormais plus de temps devant leurs écrans qu'en interaction directe avec leurs proches.
Cependant, il serait simpliste de diaboliser la technologie. Pour les communautés francophones dispersées à travers le monde – des Haïtiens de la diaspora aux Libanais expatriés –, les outils numériques permettent de maintenir des liens culturels et linguistiques qui, sans eux, se seraient peut-être rompus.
La question n'est donc pas de choisir entre le numérique et le réel, mais de trouver un équilibre qui préserve ce qui fait de nous des êtres sociaux : la capacité d'être véritablement présents les uns aux autres, dans notre vulnérabilité et notre complexité, sans le filtre rassurant mais appauvrissant de l'écran.
Le train entre en gare de Marseille-Saint-Charles avec vingt minutes de retard – un retard si prévisible qu'il fait presque partie du charme. Je descends les grands escaliers qui dominent la ville et, soudain, la Méditerranée apparaît entre les immeubles, bleue et insolente sous le soleil de novembre.
Marseille ne ressemble à aucune autre ville française. Elle est bruyante, chaotique, magnifique et déconcertante à la fois. Au Vieux-Port, les pêcheurs vendent leur prise du matin dans un français mêlé d'arabe, d'italien et de comorien. Un vieil homme me propose des oursins en m'appelant « ma fille », comme si nous nous connaissions depuis toujours.
C'est dans le quartier du Panier, le plus ancien de la ville, que je comprends ce que Marseille a de particulier. Ici, les cultures ne se juxtaposent pas – elles se mélangent, se heurtent, s'enrichissent dans un mouvement perpétuel que les urbanistes appellent « mixité » et que les Marseillais appellent simplement « la vie ».
Une femme algérienne prépare du thé à la menthe devant sa porte. Deux enfants jouent au football dans une ruelle étroite. Un graffiti proclame : « Ici, personne n'est étranger. »
En quittant Marseille le lendemain, je repense à cette phrase. Elle ne décrit pas une réalité – les tensions existent, et il serait naïf de les ignorer. Mais elle exprime une aspiration, un idéal vers lequel cette ville turbulente et attachante ne cesse de tendre.